À propos

Semblable à la vache brune qui, là-bas, dans le champ, se retourne, part, revient, à l’occasion d’une touffe de trèfle ou d’un épi de mil, la vieille route filait à l’aventure son bonhomme de chemin.
SYLVAIN. Le long de la route, Éditions Fides, 1946, page 18.

                        

En tant que facteur dynamique, la route évoque plutôt l’itinéraire projeté ou mémorisé, la possibilité de mouvement, l’idée de circulation et d’interconnexion. Elle renvoie alors au chemin de liaison et de voisinage, de migration ou d’errance, à la voie de pénétration et de conquête du territoire; la forme dynamique relèverait donc de l’univers des représentations.

Manon BUSSIÈRES. De la voie de passage au chemin public. Le réseau routier et ses représentations dans la province de Québec : l’exemple du Centre-du-Québec, 1706-1841. Mémoire de maîtrise, UQTR, février 2009.

Retour de flânerie – Les vieux chemins

La Traversée, atelier de géopoétique invite solidairement les adeptes de flânerie à arpenter les vieux chemins, qu’il s’agisse de vieilles routes ou de sentiers oubliés, chemins qui peuvent être aménagés ou non, privés, tolérés, publics ou abandonnés, qui se retrouvent en milieu urbain, à la campagne ou en forêt, qui débouchent sur de petites merveilles ou aboutissent strictement nulle-part.

chemins
vieux  chemins comme
monde dont ils gardent
trace
chemins de mémoire hantés
de retours improbables
chemins où miroirs tendent piège
déliés goudron noir
chemins dont les morceaux s’effacent à mesure
ou bien d’où surgissent
amis de longues dates gestes disparus – chemins
où l’on entre sans savoir et que
l’on cherche sans trouver
friches, fils tendus longeant
les cours d’eau bus où brille
la vague mémoire de leur défense – chemins
de miettes laissées aux bords
de sols lavés d’histoires
chemins de chiens errants de pistes
pour retrouver traces de mondes perdus
enfance lointaine époques révolues

futurs insaisissables chemins
à pierre-fendre
la solitudes des clôtures
pour trouver puits ou fontaine – chemin pour
perdre au change ce qu’on trouvera au virage
échapper quadrillages regagner méandres
un peu de magie dans une feuille – chemins
qui disparaissent dans leurs propres tournants
apparaissent dans leurs propres dédales
tissent palimpseste immense, complots de passages
labyrinthes sans murs, solidarités de secrets
chemins
de portes de ronces et de racines en écorces
de sable de galets et de rivières en déroute

de béton de bitume et d’herbe en prés las
de larmes de lumière et de rayons en cercles
de quête longues de désirs et de marches courtes au clair
de lunes car étirer les choses dans leurs ombres
chemins
de couleurs vives de mémoire franche
chemins vieux qui invitent
à entrer tendre à son tour traversées croisements
chemins vieux qui invitent
à tisser fil entre nous
et mettre en commun le prochain pas.

(poème de Jean-Pascal Bilodeau)

Ce Retour de flânerie, animé par Roxanne Lajoie, Danielle Laplante et Claudette Lemay, se déroulera du 15 novembre 2021 au 15 février 2022. Vous pouvez nous envoyer vos contributions (poèmes, récits, photos, dessins, vidéo, enregistrements audio, etc.) à l’adresse suivante : retourdeflanerie@gmail.com.

Ce Retour s’inscrit dans la programmation officielle de la 15e édition du Mois de la poésie.  Certaines contributions seront sélectionnées par un jury et lues sur la scène littéraire de la Maison de la littérature en mars 2022.

Il n’est pas obligatoire d’être membre de La Traversée pour alimenter la réflexion et partager vos œuvres avec le public. Il va de soi que vous conservez vos droits d’auteur et d’autrice sur vos productions.

Vous pouvez consulter en tout temps les contributions des anciennes flâneries, intitulées Retour du flâneur, à l’adresse suivante : https://latraverseegeopoetique.com/retour-de-flanerie/

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